Vient de paraître
Non ce n’est pas un livre de plus sur le trésor de
Rennes-le-Château.
Si vous voulez chercher le tombeau du Christ ou de Marie Madeleine,
ou encore l’emplacement du saint graal dans le médium de saturne,
par 25 degrés sud en perpendiculaire de Vénus, reposez tout de suite
cet ouvrage.
Précisément parce qu’il s’agit bien d’un ouvrage, d’un travail,
basé sur des faits, des documents, des interviews : fruit d’une
longue recherche menée dans les archives depuis des décennies.
Enfant du terroir, André Galaup en connaît la pulsation intime. Il
connaît ces hommes et ces femmes qui habitent et composent ce beau
pays de la haute vallée de l’Aude, parmi lesquels vécut l’abbé
Saunière, le célèbre curé dont d’obscurs histrions ont affublé le
front d’une auréole de mystère à quatre sous. Alors que sa véritable
auréole est à quérir au cœur même de sa vie.
Un caractère, une force de la nature et de persuasion, une stature,
bel homme et bon orateur, charismatique, séducteur, sportif, d’une
immense culture à la fois théologique et biblique…
Oui l’abbé Saunière que nous fait découvrir André Galaup n’est pas
ce personnage vénal oeuvrant pour quelque officine occulte.
Le Saunière de Galaup est un homme attachant, passionné,
royaliste, ancré dans son temps, où cléricaux et anticléricaux se
livraient d’âpres combats. Il voulait faire de Rennes un lieu de
pèlerinage marial, dédié aussi à Marie-Madeleine, deux femmes qu’il
vénérait.
Le trésor ? Il existe, certes, mais il n’est pas là où l’on
pense. Sa quête relève d’une démarche toute intérieure, esthétique.
***
ET C'EST
AINSI QUE TOUT A COMMENCE
"Le plus grand dérèglement de l'esprit c'est de croire les choses
parce qu'on veut qu'elles soient"
Bossuet
Le
22 janvier 1917, s'éteignait l'acteur principal d'une histoire
qui intrigua le voisinage donna quelque préoccupation à l'autorité
diocésaine et sombra dans l'oubli, ensevelie dans la tourment de la
première guerre mondiale.
En 1955, les hasards
d'une promenade conduisirent un petit groupe d'amis membres de la
Société des Arts et Sciences de Carcassonne jusqu'au pittoresque
village de Rennes-le-Château.
Héritier
du domaine de l'abbé Bérenger Saunière, l'industrieux hôtelier avait
depuis longtemps orienté la curiosité des visiteurs. Les bâtisses
que l'on y pouvait admirer, le train de vie notoirement fastueux de
leur constructeur ne pouvaient s'expliquer que par la découverte
d'un somptueux trésor, d'ailleurs non encore épuisé. Sur la bonne
foi de souvenirs de quelques contemporains, il y en avait encore à
cette époque, ce petit groupe entreprit quelques recherches dont les
maigres résultats confirmèrent la fragilité des témoignages. Les
choses en seraient probablement restées là si la presse, n'avait
révélé, au plan national, le site et sa légende. Il faut dire que le
terrain était propice et le climat favorable. André Malraux alors
Ministre des Affaires Culturelles avait subventionné, sur un "lieu à
trésor" similaire, des fouilles qui avaient fait grand bruit si
mêmes elles avaient piteusement échoué.
C'est dans ce
contexte qu'apparut le premier livre de
Gérard de Sède, dédié à
"L'or de Rennes". L'ouvrage obtint un bon succès de librairie et
contribua à diffuser l'histoire de Rennes dans les diverses couches
de la société. L'auteur qui ne manquait pas d'imagination donnait à
penser que seul, un simple d'esprit pouvait faire sienne
l'explication "officielle" de la bonne fortune de l'abbé Saunière.
Cette position officielle, basée sur une série d'actes archivés, qui
était celle de la Hiérarchie, était évidemment connue d'un membre
éminent de la Société des Arts et Sciences de Carcassonne,
Monseigneur Boyer. Lassée de ce qu'elle estimait un étalage
d'affabulation ou d'interprétations tendancieuses et désireux de
rétablir la vérité, la Société demanda à un membre actif de la dite
société, Monsieur
René Descadeillas, jouissant d'une réputation bien
établie d'historien, Directeur de la Bibliothèque Municipale de
Carcassonne, d'entreprendre une étude sur les données historiques de
l'affaire. En sa qualité de Directeur de la Bibliothèque Municipale
celui-ci avait de larges possibilités d'information dans les milieux
les plus divers, voire les plus fermés.
C'est
ainsi que naquit l'ouvrage la "Mythologie du Trésor de Rennes".
Ouvrage essentiellement basé sur la critique des écrits,
interprétations et témoignages produits par l'auteur de "L'or de
Rennes".
Ce dernier ne pouvait rester indifférent et cette
parution servie par une documentation très sûre.
Il répliqua
par une plaquette largement diffusée dénonçant les lacunes de la
"Mythologie" et les non moins sévères insuffisances de son auteur.
La guerre était ouverte... et durerait sans doute encore
aujourd'hui, si ces deux auteurs étaient de ce monde. Mais
l'impulsion était donnée. Émergeant de centaines d'articles et
autres productions, de nombreux livres reprirent le sujet sous les
éclairages les plus variés et souvent, les plus inattendus.
Du roman
d'espionnage à la bande dessinée, l'histoire singulière de l'abbé
Saunière demeure d'actualité, et on peut, chez le lecteur
d'aujourd'hui, comprendre une certaine perplexité devant les
horizons insoupçonnés déclenchés par une minuscule page de la vie et
de l'Histoire du Razès.



L'hôtelier Noël Corbu et le
journaliste à la Dépêche du Midi, Albert Salamon.
La Une du Journal "La Dépêche du Midi" des 12-13 et 14 janvier 1956
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